Mythes et Divinités

Réalisations entre 2002 et 2003

L’année 2002 marque la fin de ma carrière à la Brigade de Sapeurs-Pompiers de Paris. Autodidacte en photographie, je décide de parfaire mes connaissances et ma technique dans un centre de formation, le « Centre Iris » à Paris. Une année de pur bonheur où le quotidien est rythmé par le reportage, le studio, le laboratoire, les procédés anciens et le traitement de l’image numérique. Soutenu par mon professeur d’art, Andreas Mahl, je décide de réaliser un travail autour du mythe de la femme fatale. Loin des facilités qu’offre la photographie numérique, la technique retenue est le photomontage, à la manière des artistes de l’entre deux guerres (prises de vues argentiques, tirages, découpages, installation et à nouveau, photographie à la chambre 4×5).  J’effectue mes recherches dans les musées, les bibliothèques les galeries et paufine la technique. Je finalise mes images avec le magnifique polaroid type 55 noir et blanc qui a l’avantage d’offrir un positif direct mais aussi un négatif hors norme avec un contour spécifique. C’est ainsi que sont nés ces Mythes et Divinités riches de références artistiques durant une année passionnante.

Patrice Forsans

Judith et Holopherne

Pour sauver la cité de Béthulie de l’envahisseur Nabuchodonosor (roi des Assyriens), Judith est parvenue à séduir le général en chef des armées Holopherne, et lui trancher la tête durant son sommeil.

« Oui, vive le Seigneur, qui m’a gardée dans le chemin où j’ai marché, car mon visage n’a séduit cet homme que pour sa perte : il n’a pas commis avec moi le péché qui m’aurait souillée et déshonorée » – JDT 13-16 / Ancien testament – bible de Jérusalem.

Pour réaliser cette photographie, je me suis inspiré du sublime tableau de Gustave Klimt « Judith », mais aussi de l’autoportrait d’un photographe qui me facsinera toujours : Joel Peter Witkin, Self-Portrait (Reminiscent of Portrait as a Vanité).

Isis et Horus

Déesse mère par excellence, Isis fut la fille de Geb et de Nout, soeur et épouse d’Osiris et mère d’Horus. Après l’assassinat et le démembrement d’Osiris par son frère Seth, Isis demeurera inconsolable et rechercha longtemps son défunt époux. Une fois Osiris retrouvé, avec l’aide d’Anubis, Isis l’embauma de bandelettes de lin (la momification) et s’accoupla à lui pour faire naitre Horus.

Elevé dans le plus grand secret, Horus fut une fois adulte le bras vengeur de sa mère et détronera Seth.

Sur l’arrière plan de cette photographie figure un détail de la stèle funéraire d’Amenmès ( XVIIIe dynastie), aujourd’hui conservée au Musée du Louvre. Elle est le document archéologique égyptien le plus exhaustif à propos du mythe osirien. 

Athéna / Minerve

La naissance d’Athéna fut on ne peut plus cérébrale. Zeus demanda à son fils Héphaïstos (ou Prométhé selon l’origine des textes) de lui ouvrir le crâne pour faire naître sa fille. Symbole féminin par excellence, Athéna fut déesse de la guerre, de l’artisanat, des arts et des techniques. L’animal auquel il est fait référence figure sur les différentes représentations de la déesse, la chouette, signe de sagesse et de perspicacité.

Ici, pas de déesse guerrière mais une divinité à la droiture et la fierté exacerbée. Pas de lance ni de bouclier, mais une marionnette : celle de Philopoemen surnommé « le dernier des grecs » par Plutarque. Ce stratège organisa la lutte des cités hélléniques contre la menace romaine. Fait prisonnier, il fut condamné à boire la ciguë… et Athena devint Minerve.

La représentation de Philipoemen est une sculpture de David se trouvant au Louvre. Quant à l’arrière plan, il s’agit du rideau de scene de l’opéra Garnier, magnifique trompe l’oeil que l’on doit à Auguste-Alfred Rubé (1817-1899) et Philippe Chaperon (1823-1906).

Ishtar et le taureau céleste

Gilgamesh, souverain prestigieux d’Uruk au IIIe milénaire avant notre ère, accompagné de son ami Enkidou combattront le taureau céleste. Ensemble, ils le terrasseront et le dépeceront. A l’origine de ce combat, la déesse Ishtar, furieuse d’avoir été repoussée de ses avances par Gilgamesh avait envoyé le taureau pour le tuer. Tandis que les deux héros se reposent, la déesse médite une vengeance cruelle. Enkidou sera frappé par la maladie et luttera douze jour en vain. Le treizième jour, il expirera dans les bras de son ami le souverain.

Gilgamesh qui avait su triompher de tout aux cotés de son ami Enkidou, fut boulversé par la souffrance et la mort de son complice. Dès lors, il ne se résout pas a affronter la même fin tragique et se tourne vers le survivant du déluge, le seul être humain dispensé de la mort par les dieux et espère connaitre le secret de la vie éternelle.

Ishtar a surclassé tout les dieux masculins mésopotamiens durant plus de 3000 ans.  Déesse de l’amour, de la sexualité et de la guerre, elle détenait un pouvoir sans limite. L’une des portes de Babylone lui est consacrée, la porte des processions. L’épopée de Gilgamesh est le récit le plus ancien à ce jour.

Atropos, 3eme des Moires

Les Moires : filles de Nyx (la nuit). Elles furent engendrées par Erèbe (fils de Chaos symbolisant les ténèbres). Dans la mythologie grecque, ces trois soeurs surnommées « les fileuses », controlent le destin. La première, clotho tisse le fil, la deuxième, Lachesis bobine le fil et Atropos, la dernière, coupe le fil.

Atropos, connue pour ses positions inflexibles défini la nature de la  fin vie de chaque mortel. Elle coupe le fil de la vie. Sous la civilisation romaine, les trois soeurs deviendront les Parques.

Demeter

Déesse de la fertilité dans la mythologie grecque, Déméter délaissa la terre pour partir à la recherche de sa fille Perséphone. Hades, dieu des enfers et responsable du rapt, conviendra que Perséphone passerait six mois de l’année à ses côtés. Les six autres mois, elle pourrait rejoindre sa mère à la surface de la terre.

C’est ainsi que la déesse Déméter décrèta que la terre demeurerait fertile durant le printemps et l’été, saisons durant lesquelles Perséphone serait présente. Mais lorsque les entrailles de la terre réclameront sa fille, l’automne et l’hiver n’offriront que froid et désolation.

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